La rentrée échiquéenne est bien entamée. J’avais envie d’écrire un article d’ensemble sur les jeunes du club. Cela fait plusieurs saisons que nous sommes presque « victimes » de l’engouement pour les échecs et devons limiter les places pour les séances chez les jeunes (capacité d’accueil des salles, maintenir une qualité des séances). J’ai bien conscience de répéter dans les articles des choses que j’avais déjà exprimées.
On dira que c’est une déformation professionnelle d’animateur/enseignant (des échecs ici) : la répétition !
« La répétition » est capitale chez les jeunes, moins chez les adultes, où c’est plutôt « la compréhension » qui primerait dans un processus d’apprentissage.
Tous enfants, avons beaucoup répété. Personnellement, c’était avec une bd. « Astérix Aux Jeux Olympiques » que j’ai lue des centaines de fois ! Ca m’a définitivement marqué. Encore aujourd’hui, si je crois dans de belles choses que permet le sport (il y a en de moins belles), c’est grâce à cette bd. Ca y parlait de beaucoup de choses, d’entraînement, de compétition et du dopage à la potion magique aussi ! Mais si Asterix termine sur le podium, c’est parce qu’il n’avait pas triché. Il ne s’était pas dopé justement, quitte à finir dernier. Par Toutatis ! 🙂

Allez je me fais encore plaisir avec cette vidéo d’un moment plus que magique. Je ne m’en lasse pas. Un moment de sport qui prouve que des miracles peuvent arriver. Elle montre que nous avons en nous des choses qui nous dépassent que nous avons juste à faire pleinement ce que nous avons à faire et alors et alors… Alors peut-être ?
Alors peut-être !
j’y ai réfléchi de nombreuses fois et j’en ai discuté avec plusieurs personnes qui évoluent dans les échecs depuis longtemps. Bien qu’il y aient des pistes multiples d’explications, je dois reconnaître que je n’ai pas identifié très précisément le ou les pourquoi les échecs sont devenus une activité en plein essor, particulièrement chez les jeunes (pas seulement). C’est quelque chose qui se voit dans les chiffres au niveau national et qu’on voit localement de façon significative.
Quelques constats de terrain au club :
- Les moins de 8 ans ont déjà appris à jouer. Auparavant, nous accueillions dans cette tranche d’âge des enfants qui découvraient quasi totalement le jeu. C’est de plus en plus rare. La plupart des enfants qui viennent au club ont déjà été initiés. Majoritairement, cela s’est passé en famille. « C’est papa (parfois maman) qui m’a appris à jouer ». Un peu moins souvent, c’est un autre membre de la famille : un grand-père, un oncle, un frère, une soeur. Ensuite, c’est à l’école ou en centre de loisirs ou aussi avec des amis.
- Je connais déjà un tel. De plus en plus régulièrement, lorsqu’un enfant arrive au club, il connaît déjà d’autres enfants du club (dans la même école, la même classe ou connu ailleurs).
- Internet pour les plus âgés. Parmi les plus âgés, ils ne sont pas rares à avoir appris sur internet et peuvent jouer régulièrement en ligne.
J’ai l’impression qu’il y a véritablement une tendance de fond, quelque chose liée à notre société actuelle, qu’un des facteurs important serait « la dimension sociale » du jeu. Consultant ChatGPT (avec les réserves que cela implique) sur la question, il m’a pondu cette jolie phrase : les jeunes ne viennent pas seulement apprendre à jouer aux échecs ; ils viennent aussi chercher un défi, une communauté et une aventure dans laquelle ils peuvent progresser.
« Il y a plus d’aventures sur un échiquier que sur toutes les mers du monde », avait dit Mac Mahon. Peut-être une citation qui résonne davantage aujourd’hui où les aventures à vivre, les terrains à explorer seraient intérieurs ?
Bref, pour une petite conclusion simple, comme une ligne directrice : faire en sorte que les jeunes qui viennent au club, tout en progressant, passent des moments agréables, s’y fassent des amis, aient le sourire ! 🙂
Cela ne semble pas une mission difficile avec les jeunes du groupe 1 cette saison. Je les ai déjà félicités pour leur comportement d’ensemble. Eveline et moi-même en parlions encore en fin de séance samedi dernier. Ils sont attentifs et agréables. Johan qui avait passé du temps d’initiation lors de la fête au plan d’eau l’avait aussi souligné : « Ils sont bien élevés ces jeunes. » (peut-être pas en ces termes exacts mais c’était une constatation heureuse en ce sens). Un vrai plaisir de les avoir ces jeunes du groupe 1. Continuez sur cette lancée !
Aussi, les séances sous forme de stages pour les parents et adultes débutants qu’Eric a commencé l’année dernière me paraissent quelque chose à poursuivre, quelque chose d’important, ne serait-ce que pour renforcer cette « dimension sociale » < ça fait un peu « termes politiques » mais bon je suis certain que vous comprenez la réalité que ces mots évoquent.
J’avais demandé à Raphaël de m’écrire quelques mots sur un stage d’échecs qu’il a effectué à Saint-Lô cet été.

Raphaël est un jeune qui joue depuis plusieurs années au club. Il avait participé en petite catégorie au championnat de France. Sa maman, Emmanuelle, est aussi licenciée au club. Elle a joué à l’occasion dans quelques compétitions dont le trophée Roza-Lallemand. Son jeune frère Timothée est dans le groupe 1 (merci au passage Eveline pour l’accompagner dans ses premiers pas échiquéens) . Raphaël est je crois quelqu’un d’une grande empathie. Il a d’ailleurs un très bon ami au club. Il a joué dans l’équipe d’Amin la saison passée et sera un coéquipier important cette année.
J’ai participé au 26ème festival d’Agneux (Saint-Lô), open des 2000, du 4 au 10 juillet 2026 sous forme d’une colo. C’était incroyable !
Cet open regroupait 7 nationalités différentes et j’ai fini 193ème sur 235 joueurs.
A cette colo, il y avait 9 rondes et j’en ai gagné 3. Les animateurs étaient trop sympa.
A chaque fin de partie, j’allais analyser avec un maître international.
Mes parties duraient au minimum 1h30 et au maximum 3h30. J’espère que ça m’a fait progresser, et c’était une bonne expérience.
Ca fait 7 ans que je fais des échecs et depuis c’est devenu une passion.
— Raphaël Thomas, 13 ans
Alors, quand vous avez un jeune comme Raphaël parmi « vos jeunes », vous vous dites : « De belles raisons de croire en l’avenir ! ». Merci encore à toi 😉





