Pour les personnes qui suivent ce blog, cela ne devrait pas être une surprise car… Vous aviez été prévenus !
Jouant ma Madame Irma, je l’annonçais dans un article précédent : « Ce n’est que le début d’une ascension… Vous voilà avertis ». Et comme une personne avertie en vaut deux, cet article devrait donc faire deux fois plus de vues 🙂
Benoît Pérès a réalisé un superbe parcours dans l’open B de la 22ème édition du Festival international d’échecs de Dieppe. Premier sur 96 participants, invaincu au bout des 9 rondes, il marque 7,5 points.
En tête à partir de la 7ème ronde, il ne fallait pas craquer pour assurer la première place et il a tenu bon !
Ce très beau résultat vient récompenser un investissement personnel important. Cela fait d’autant plus plaisir pour lui qu’il est passé par des moments échiquéens difficiles. Mais voilà… « No Pain No Gain ». Et il en a mangé sa dose de « Pain ». Il fallait bien que le « Gain » vienne. Caïssa elle-même a dû le constater : ce fidèle ne stoppe pas devant les obstacles.
Quelques éléments pouvant amha expliquer ce résultat et la progression de Benoît :
- Grande passion (toute passion a un côté dévorant) et du coup : énormément de temps/d’énergie consacrée aux aspects techniques
- Analyse poussée de ses propres parties
- Regard critique sur soi (voire dur dans son cas)
- Travailler efficacement avec les outils informatiques les plus avancés
- Savoir travailler à plusieurs. C’est cet aspect qui manque je crois à beaucoup et le fait que les échecs soit un sport individuel peut laisser à penser qu’on peut travailler seul. Tout l’inverse pour réussir ! Savoir travailler à plusieurs est capital. Benoît a rencontré de nombreux forts joueurs avec lesquels il a gardé contact et s’entraîne. Sa culture passée des jeux vidéos en ligne au sein de groupes, a dû compter sur ce point.
Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire. Les échecs en compétition deviennent de plus en plus exigeants et sur tellement de choses.
Un cap a été franchi et c’est à Dieppe que cela s’est concrétisé. Bravo Benoît !
Ci-dessous deux de ses parties avec les Blancs. Vous pouvez cliquer sur les coups pour faire apparaître l’échiquier interactif.
Ronde 4
Ronde 8
Vincent Bouquillon (ex jeune joueur du club) participait dans l’open A. Celui-ci m’a impressionné : une profondeur dans le jeu positionnel, « un calme puissant ». J’ai pu aussi me rendre compte du travail échiquéen colossal qu’il a effectué. Merci entre autres choses pour tes explications et démos sur Anki : un logiciel de cartes mémoires basé sur le système Leitner avec lequel je vais à nouveau bosser grâce à toi. Vincent se fixe une discipline quotidienne dans plusieurs domaines ce qui force au minimum le respect. Quand vous rencontrez un jeune homme comme Vincent, même si vous êtes bien pessimiste comme je peux l’être parfois, vous pouvez vous dire : « La France n’est peut-être pas fichue en vrai. » Du Kundera et du Kant en lectures de chevet du moment par exemple…
Ah bah ça regarde pas l’amour est dans le pré là ! Bien que cela ne soit certainement pas la pire émission télé en réalité (oooh attention : une subtilité fine placée ici pour le lecteur à l’esprit vif). L’autre jour, je suis retombé par hasard sur « Il était une fois l’homme » que je regardais enfant. Ca m’a fait bizarre. Je m’égare.
Vincent marque 4 points, sûrement en dessous de ses espoirs (119ème sur 185). Cependant, croyez-bien que l’open A était vraiment relevé. Un GM finit « seulement » 22ème par exemple. De toute façon, le niveau moyen général aux échecs n’a plus rien à voir avec ce qu’il était ne serait-ce qu’il y a 10 ans. Pour l’anecdote : A Lisieux, une poussine (bon certes qui revenait des championnats du monde en Géorgie) s’était préparée spécialement la veille contre une de mes ouvertures avec son entraîneur MI. Ca n’existe plus « l’amateurisme » en compétition. Finito je vous dis !
Au plaisir de te revoir sur Beauvais quand tu y seras de passage Vincent.
Ci-dessous quelques photos prises à Dieppe (la première prise à Mers). Coucous à Milo et à son grand-père, à Jean notre président de comité qui jouait dans l’open des Rois, à Alain de Gournay, à Vincent et Armand venus du Nooord et aux mouettes (nom de notre équipe dans une soirée blitz). C’est pas des mouettes mais des goélands ! Fera remarquer l’ornithologue de la côte d’Albâtre.*
Félicitations à toute l’équipe organisatrice de ce festival. L’entraîneur de l’Echiquier Dieppois, Olivier Delabarre, promeut aussi depuis plusieurs années le Chessboxing, une belle discipline dont il a été vice-champion du monde en 2023 et qui devrait croître je l’espère à l’avenir. Si vous découvrez : une interview du Français Thomas Cazeneuve.
Dans un karaoké, et plusieurs fois en voiture, Benoît et moi-même avons massacré joliment interprété ce morceau.
Volume au max obliged !
Lalala Lalalala … Comme une bonne chose de faite !
* Je place « Ornithologue » et « Albâtre » dans un blog d’échecs, j’avance de 3 mamadous et bois un whisky cul sec avec un raton laveur… KAMOULOX ! 😉



























